Balade dans Saint-Georges au fil des temps

Photos d'Eric Martini

Dans l'exposition qui suit, Eric Martini nous propose la mise en regard d'une de ses photographies et d'un cliché ancien. En confrontant ces deux photos au sein d’une même image, le photographe invite à la comparaison. L’observateur se prend au jeu et met en balance l’avant et l’après, ce qui a été et ce qui est. La juxtaposition des clichés évoque ainsi le passage du temps, le saut d’une époque à une autre. Au cœur d’une seule image, Eric Martini crée l’impossible. En couplant les époques, il engendre un espace anachronique, chimérique.

 

A travers ces photographies, Eric Martini raconte une histoire, celle du quartier de Stockay. Nous pouvons constater l’évolution des édifices et des voies de communication. Il existe cependant une lacune, un vide temporel. D'après les images de l'ouvrage d'Edith Plomteux (référencé plus bas), c’est presque 100 ans qui séparent les deux photos étant donné que les vieux clichés datent du début du XXè siècle. Nous ne sommes cependant pas déroutés devant cette aberration temporelle. Nous imaginons naturellement et instantanément ce qu’il s’est passé entre deux images.

Passif, l’observateur devient actif. Il scrute les détails et interroge le lien qui unit les clichés. Or, ce lien n’est autre que l'observateur lui-même. Il incarne la liaison entre les générations, entre ces époques. Nous participons à l’histoire en imaginant ce qui a pu se passer, réellement ou non. Les images nous convient à un jeu au cours duquel nous créons une nouvelle temporalité. Cette dernière prend forme dans la déchirure qu’Eric Martini a retracé sur les photos. Quelque chose manque et c’est l’observateur qui va combler cette absence.

 

En racontant une histoire, nous reconstituons non seulement l’histoire du village, mais aussi l’espace.  Les connaisseurs de Stockay ne manqueront effectivement pas de recréer le quartier à travers les photos, de le dessiner mentalement, tel qu’il était et tel qu’il est. Ajoutons enfin que l’observateur, à travers l’ensemble des images, peut retracer le parcours suivi par Eric Martini au moment où il a pris les photos. Parmi les histoires que racontent les images, il y a également celle du photographe.

 


Le temps d’une balade à travers les époques et les histoires, nous vous invitons à combler les trous, temporels et spatiaux entre les images, et devenir un des architectes de Saint-Georges.


Les extraits cités sont tirés de l'ouvrage d'Edith Plomteux, La Hesbaye de Waremme à Amay en cartes postales anciennes, édité par le Cercle des Collectionneurs de Saint-Georges.

 

 

 

 

"Le seigneur de Warfusée avait fait ériger un mur de moellons calcaires délimitant le parc dont l’étendue était de 97 bonniers et 18 verges. Ses vestiges furent à l’origine de la dénomination du quartier. En pays liégeois, la verge valait 4 ares 36 centiares tandis que 23 verges représentaient un bonnier. Ce vocabulaire a persisté jusqu’à nos jours et fait partie du jargon des cultivateurs et des fermiers. Quant à l’école du Coin du Mur, elle fut construite en 1892 pour suppléer à celle du Préau devenue insuffisante pour accueillir l’entièreté de la population scolaire", p.180

 

 

 

 "A quelques pas de la brasserie Lhonneux, du moulin Lequien et du mur entourant le château se dressait l’école. Construite en 1830, elle fut, jusqu’en 1878, tenue par des religieuses. Après leur départ, le châtelain propriétaire des lieux accepta de louer le bâtiment aux autorités communales afin que l’enseignement fût dispensé aux enfants du village. Monsieur Defays et Madame Eloy, mère de Madame Pirlet, furent chargés de cette mission, qu’ils assumèrent toujours de manière irréprochable. La population scolaire s’étant multipliée, ils furent bientôt rejoints par d’autres maitres d’écoles", p.198

 

 

 

 "L’animation a toujours été très intense dans ce quartier qui, avant 1892, comptait trois salles de danse, lorsque furent construits deux nouveaux locaux destinés à abriter des groupements. Le premier, longtemps avant d’être vendu au Cercle catholique vers 1908, s’appela L’Allée tandis que le second était baptisé L’Egalité bien avant de devenir Le Palace. A la création du chemin de fer vicinal, la plupart de ces maisons se transformeront en café ou restaurant, car le petit tram apportait – outre le courrier – des visiteurs. Son installation le long du boulevard métamorphosa peu à peu cette voie de communication", p.184

 

 

 

 

 

 

"Située dans la partie appelée Le Bas Stockay, cette artère a vu son paysage modifié vers 1935 par la construction de nouveaux immeubles, de la cabine électrique et de l’aubette où était vendu le samedi Le Journal de Saint-Georges et environs. Quant à la propriété sise au coin de la rue du cimetière, elle a appartenu au pharmacien Jules Delvenne, qui, en 1884, fonda le Royal Cercle Choral de Stockay", p.175

 

 

Eric Martini a découvert la photographie il y a 4 ans, peu après s'être installé à Stockay. Militaire de carrière, il s'est inscrit à l'école du soir de Grâce-Hollogne en septembre 2020. Après avoir testé plusieurs approches (macro, paysage, urbain, etc.), il a fait du portrait son domaine de prédilection. Il a participé à l'exposition du parlement Wallon sur les bâtiments classés et a remporté le premier prix au concours sur l'abeille, exposé dans la région de l'Orne en France ainsi qu'au concours sur la personne âgée, exposé au home du CHRH à Huy.

 

C'est en naviguant sur le site Internet de la commune de Saint-Georges-sur-Meuse qu'il découvre une série de cartes postales d'antan. Il s'est alors lancé le défi d'assembler passé et présent en sillonnant les rues de son village :

 

"Avec mon gros gilet noir, ma casquette, mes baskets et mon Nikon, je suis parti en ballade pour retrouver l’endroit exact de la prise de vue des cartes postales. C'était une tâche assez difficile car je ne connaissais pas la taille de l’objectif utilisé par mon ainé du temps passé. Heureusement mon ami Photoshop était là pour m’aider à corriger les perspectives de la prise de vue, ouf. Ensuite il ne restait plus qu’à assembler les images et cartes postales. L’idée de combiner passé/présent m’a permis de voir l’évolution du village, de comprendre pourquoi certaines choses sont là, comment étaient-elles ou pourquoi ont-elles disparu. Le Christ de la chapelle face à la piscine n'est plus à la même place par exemple, alors que le lac face au château de Warfusée n'existe plus."

 

Retrouvez son travail sur Facebook ici, et Instagram ici.

 

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